• Caroline Laurembourle

Du nouveau dans la guidance parentale : la méthode CPIM

CPIM: une prise en charge innovante, brève et efficace

Que veut dire "CPIM"? CPIM est l’abréviation de «Child-Parent Interregulatory Method». Il s’agit d’une méthode qui vise la régulation de l’interaction parent-enfant. CPIM est une méthode qui agit sur les capacités d’autorégulation de l’enfant/adolescent (fonctions exécutives) et ce, tant sur le plan cognitif que comportemental par le biais de la régulation de l'interaction parent-enfant. Par conséquent, cela a un impact également sur la sphère émotionnelle et affective (plus de confiance en soi, notamment). CPIM identifie d’abord les habitudes parentales qui aident ou freinent le développement des fonctions exécutives de l’enfant/adolescent. Ensuite, elle propose d’impliquer le parent dans le suivi de son enfant afin de créer l’opportunité pour ce dernier de développer ces fonctions en le stimulant efficacement. Méthode brève, qu’est-ce que ça veut dire ? Eh bien, la prise en charge proposée se déroule sur 4-5 séances.

De plus, le suivi est «écologique», ce qui signifie que le suivi se fait directement dans le quotidien de l’enfant et en tenant compte de ses tâches. Sur quelles données théoriques s’appuie cette méthode ? CPIM se base surtout sur les théories socio-cognitives qui nous indiquent que les fonctions cognitives supérieures ou les capacités d’autorégulation apparaissent d’abord dans un contexte d’interaction sociale et, ensuite, dans un contexte individuel. C’est-à-dire que pour qu’un enfant parvienne à s’autoréguler, il faut d’abord passer par une CO-régulation qui viendrait de quelqu’un d’extérieur (et donc, son parent). Vous n’êtes pas sûrs d’avoir bien compris ? Faisons alors un parallèle avec le développement du langage. Pour qu’un enfant puisse un jour se mettre à parler, il faut d’abord (sans problème neurologique ou handicap bien sûr) qu’on lui parle (contexte d’interaction sociale). C’est seulement si on lui parle, qu’il entend des mots et des phrases qu’il va un jour réussir à prononcer ses propres mots (contexte individuel). Pour le développement des fonctions exécutives et de l’autorégulation, c’est pareil ! Donc pour qu’un enfant puisse, par exemple, se mettre en action par lui-même (initiation) OU se stopper dans son activité (inhibition), par exemple, il doit d’abord être régulé par ses parents qui sont les personnes les plus proches de lui. Notez que le cerveau se développant de l’arrière vers l’avant, le cortex préfrontal (siège des fonctions exécutives) se développe jusqu’à tard (jusqu’au début de l’âge adulte). Ce développement prolongé du cortex préfrontal laisse une fenêtre d’opportunités énorme aux influences de l’environnement (notamment, l’interaction parent-enfant). L’interaction parent-enfant a donc un impact important sur le développement des fonctions exécutives. Les méthodes de guidance parentale ou les programmes d’habiletés parent ales tiennent compte de l’interaction parent-enfant. Quelle est la différence entre CPIM et ces méthodes ? Dans la guidance parentale, l’objectif est d’aider les parents à adopter des habitudes éducatives plus adaptées pour gérer les comportements de leur enfant et diminuer le stress que les parents peuvent éprouver. CPIM a bien évidemment aussi cet objectif mais pas uniquement. Ce qui est visé également c’est l’autonomie de l’enfant, ce qui impactera différentes capacités cognitives (et notamment, exécutives). L’autonomie est la capacité qui permet à l’enfant de faire les choses par lui-même, sans indiçage du parent.

CPIM cherche également à développer «l’auto-contrôle» (de ses émotions et de sa propre conduite; par exemple: je ne coupe pas la parole, je respecte les autres, j’attends mon tour, ...). Le développement de l’autonomie permet un meilleur transfert. En effet, si un enfant devient plus autonome, il ne l’est pas uniquement à la maison mais le sera également à l’école et dans ses autres contextes de vie. Le fait qu’il parvienne à s’auto-réguler aura un impact sur son comportement à la maison et à l’extérieur de celle-ci. Dans le suivi CPIM, comme dans les autres programmes de guidance parentale, les parents apprennent comment faire pour gérer les comportements de leur enfant. Cependant, avec CPIM, ceci n’est nécessaire que dans un premier temps. En effet, l’enfant commence assez vite à s’auto-réguler et devient plus autonome, ce qui veut dire que les parents ne doivent pas continuer à toujours gérer les comportements de l’enfant. Comme il parvient mieux à gérer son comportement et ses émotions de lui-même, le parent n’aura plus besoin de le faire pour lui. Le climat devient donc nettement plus serein à la maison. Une différence importante entre les deux types de suivis est donc que la guidance parentale, contrairement à CPIM, n’a pas comme objectif d’améliorer les fonctions cognitives sous-jacentes aux problèmes de comportement de l’enfant. Quelles sont les différences avec les suivis neuropsychologiques classiques et en quoi cela peut changer la pratique du professionnel ? Laura nous explique qu’avant CPIM, cela faisait un moment qu’elle ressentait un sentiment d’imposture en observant les limites de tout ce qu’elle faisait. Notamment, elle avait souvent l’impression d’être «à côté» de la vraie vie de l’enfant et ne constatait pas de transfert entre ses séances et la vie quotidienne. Elle n’avait pas d’outils lui permettant d’avoir un réel impact sur la sphère émotionnelle et affective. Dans les suivis neuropsychologiques classiques, beaucoup d’adaptations, d’aménagements sont proposés et ce, presque directement, comme si les symptômes de l’enfant étaient irréversibles, immuables. Depuis CPIM, elle ressent un sentiment d’efficacité nettement plus important car elle observe un transfert dans la vie quotidienne et ce, dans différentes sphères (émotionnelle, cognitive et comportementale). De plus, CPIM offre un espoir pour les familles à qui on propose un nouveau bras de levier (et à moindre coût!). Beaucoup de symptômes disparaissent en travaillant l’interaction parent-enfant. Laura ajoute que CPIM lui a permis de comprendre que les tests neuropsychologiques classiques ne suffisaient pas à poser un diagnostic et, même s’ils sont utiles, ne sont pas suffisants.

N'hésitez pas à consulter le site internet de la méthode CPIM à laquelle je suis formée depuis mars 2021 :


https://www.cpimethod.com/cpim/


24 vues0 commentaire